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43 : SDF

Marjorie ? SDF !, « sans domicile fixe » !, l’errance d’hôtels en amies ayant précédé sa quinzaine en monastère.
Trois valises, c’est trop ? la « blague » du premier jour... Trois valises, deux guitares, c’est TOUT.
Stéphane l’apprit le dimanche matin. Entre leur réveil et midi. Durant trois heures Marjorie raconta « le plus sincèrement possible » son parcours.

Raconter : réinventer, forcément. Marjorie ne ment pas, n’a pas la sensation de transformer. Mais quelques parenthèses restent dans l’ombre. L’occulté reste en profondeur. Et Stéphane ne pose pas les questions qui auraient pu le faire remonter à la surfa
Ce, il sent toute la confiance nécessaire pour ainsi se confier.

Elle commence par sa mère morte d’une chute, une fracture du crâne, dans la salle de bains. Marjorie avait seize ans. Sa fuite, la nuit suivant l’enterrement, à trois heures du matin, après avoir vidé le coffre-fort de son père, subtilisé les cartes de c
Rédit et « les papiers » (« le livret de famille, ta carte d’identité, c’est sûrement une trace de la vie de ta grand-mère, mais ils sont bien en ordre dans ton tiroir, si un jour tu dois fuir, ne les oublie pas », m’avait si souvent répété ma mère, avan
T de s’effondrer en larmes, ajoutant, « non ma fille, le temps de fuir est fini... »)
Marjorie avait appelé un taxi, pour le centre-ville, où l’absence de connexions entre les banques lui permit de se servir au distributeur du Crédit Lyonnais, de la Caisse d’Epargne, de la BNP, du Crédit Agricole et de Paribas. Une autre compagnie de taxi
L’avait déposée au Formule 1, le temps d’attendre le premier train, la gare, en coupant par la zone industrielle, n’étant qu’à cinq cents mètres. Elle acheta quinze billets au distributeur automatique, et prit finalement, un tirage au sort en décida, le
TGV pour Reims. Où elle recommença à s’approvisionner en liquide.
- Dans le train pour Metz, j’ai failli tout perdre. Une histoire classique, trois crânes rasés remarquent une fille seule et les occupants du wagon regardent ailleurs. Je les ai eus au bluff. Comme dans un film américain.
Ils ont rigolé quand j’ai sorti un cran d’arrêt (Marjorie prend dans son sac le cran d’arrêt, ajoute : mon ange gardien). « Joue pas avec ça gamine, tu vas te blesser ».
Je me suis entaillée la main gauche, le sang a giclé, ils m’ont crue folle.
« Eh petite, tu te calmes. T’aimes le sang, on va te le faire sortir d’ailleurs ton sang, hein gamine, t’as envie de jouer aux grandes... »
- T’as envie du sida mec. Allez viens, on va le mélanger notre sang.
Ils se sont regardés, devaient me croire trop jeune pour bluffer. J’ai senti l’instant où ils ne se méfiaient plus de mes gestes. Et j’ai appuyé le cran d’arrêt sur la jambe de celui qui me semblait le moins sûr de lui.
Les deux autres ont obéi sans discuter ; on arrivait justement en gare : « Vous, vous descendez ici, et j’emmène votre copain en ballade. A moins que l’un de vous deux souhaite prendre sa place... je compte jusque trois ».
A deux ils étaient à la porte. Ils ont fixé leur copain au carreau... On est resté comme ça, mon cran d’arrêt sur sa jambe, sans échanger un mot, jusqu’à la gare suivante. Au bout de cinq minutes les gouttes lui dégoulinaient du front. Là, j’ai vraiment
Compris : tout n’est que rapport de force dans la vie.
Et ce furent des années à redouter d’être retrouvée. A vivre dans les hôtels les plus pourris. Jamais plus d’un mois dans le même quartier. A ne sortir que pour acheter manger et livres.
- A dix-huit ans, finalement, j’ai osé essayer d’ouvrir un compte en banque. Je n’en pouvais plus de promener ma sacoche. De dormir avec elle aussi. Le banquier n’a pas vérifié si une fille de 18 ans venait de gagner au loto. Là j’ai compris : l’argent n
’a pas d’odeur, ce que redoutent les gens, c’est les complications ; pour peu qu’on leur exagère l’improbable ils gobent tout. Le même scénario a fonctionné dans trois autres banques...
Elle s’était alors renseignée pour changer de nom : aucun motif valable. Elle avait ainsi décidé de faire artiste. Pour la possibilité de prendre un pseudonyme.
Les portes s’étaient facilement ouvertes devant « Marjorie Van Maere ». Comme il lui venait de sa grand-mère, elle avait conservé son prénom, et adopté le nom d’une fille croisée à la faculté de Nantes, où quelques semaines elle suivit des cours de psych
Ologie.
- Une fille on dirait bizarre. Elle était amoureuse, un gars qui venait la voir en train, elle m’en parlait des heures mais non, elle voulait rester fidèle à un mec de Strasbourg, simplement à cause de souvenirs. Ils se connaissaient depuis deux ans, ell
E ne pouvait s’imaginer quitter quelqu’un, même en sachant qu’il la trompait, après deux ans de souvenirs, des vacances. Elle préférait son passé idéalisé à l’amour possible. J’ai compris alors une chose essentielle : les gens sont toujours logiques. Dan
S leur logique. Ils sont responsables de leur malheur non parce qu’ils agissent parfois de manière déraisonnable mais toujours parce qu’ils agissent d’une manière ridiculement logique. En tout cas, si j’ai eu par la suite une période lesbienne, c’est uni
Quement avec des filles qui lui ressemblaient. L’image d’une femme idéale, ça existe aussi pour une femme.

Marjorie avait chanté. Devenant un point de mire du milieu lesbien parisien.
Son « premier mec » fut naturellement un producteur, qui ne pouvait pas croire qu’une princesse... et blabla et blabla. Qui naturellement se lassa d’une fille qui cite du Schopenhauer.
Ce fut un autre producteur, d’une major celui-là. Et Marjorie trouva plus simple de vivre « officiellement » avec une fille.
- Mais je sentais ma vie s’étioler. J’ai alors décidé de tenter l’aventure du monastère. Le lendemain de cette décision j’étais retenue aux rencontres d’Astaffort. J’ai failli ne pas venir donc ! Une copine m’y avait inscrite. Je l’ai su quand la fiche d
E candidature était envoyée... Elle me voyait bien séduire Cabrel, devenir son amante officieuse, entretenue naturellement, avec un super appart, et Richard Seff comme producteur.
C’était selon elle le meilleur moyen pour résoudre nos problèmes de fric. Parce que naturellement, personne n’a su durant ces années...
Nadia est passée à l’hôtel m’apprendre la nouvelle, « la bonne nouvelle ». Naturellement entre temps j’avais fui à l’hôtel. On me disait volage ! Je suis une fille en fuite. Mais je n’avais jamais dit à personne : je suis une fille en fuite...



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